Rishikesh. Petite ville posée au pied de l’Himalaya, sur les rives du Gange. On l’appelle le berceau mondial du yoga. C’est là que les sages ont codifié les pratiques millénaires qu’on tente, à notre échelle occidentale, de comprendre.

J’y suis allée deux fois. Deux séjours en ashram, loin du tourisme spirituel formaté. Deux expériences qui ont profondément transformé ma manière d’enseigner — et d’être.

Pourquoi un ashram ?

Un ashram n’est pas un studio. C’est un lieu de vie où l’on dort, mange et pratique ensemble pendant plusieurs semaines. Réveil à 4h30. Méditation à 5h. Pranayama à 6h. Asanas à 7h. Puis service, étude, et silence.

Au bout de quelques jours, quelque chose lâche. Le mental cesse de vouloir comprendre. Le corps apprend autrement. On n’apprend plus le yoga — on devient le yoga.

« En Occident, on consomme le yoga. En Inde, on le vit. Cette différence change tout. »

Trois leçons rapportées de l’Inde

1. Le yoga n’est pas un sport

En Occident, on cherche la performance. La posture parfaite. Le grand écart. En Inde, on s’en moque totalement. Ce qui compte, c’est la présence dans la posture, pas la forme de la posture.

Mon maître à Rishikesh me corrigeait toujours en disant : « Ne fais pas la posture, ressens-la. » Cette phrase guide aujourd’hui chacun de mes cours.

2. Le souffle est la porte d’entrée

Avant les postures, le souffle. Pendant les postures, le souffle. Après les postures, le souffle. Tout passe par là. Si le souffle est court, on ralentit. Si le souffle est libre, on avance.

C’est pourquoi dans la méthode YOGALYD, je place toujours la respiration au cœur de la séance — exactement comme en Inde.

3. Le silence enseigne plus que les mots

Dans nos studios, on parle beaucoup. On explique tout. En Inde, on parle peu. Le maître montre, on observe. On essaie. Il ne corrige presque pas — c’est le pratiquant qui doit ressentir.

Cette pédagogie du silence m’a appris à ne pas remplir l’espace de mes élèves. À leur faire confiance. À les laisser sentir.

Ce que je rapporte en Normandie

Je ne suis pas une professeure de yoga qui a fait un week-end de formation. Je suis une praticienne qui a placé le yoga au centre de sa vie. Ce que j’enseigne à Bonsecours, à Bois-Guillaume, chez mes élèves à domicile — c’est l’essence du yoga indien, transposée avec douceur dans notre quotidien normand.

Inspirée de l’Inde, ancrée en Normandie. C’est ma promesse.

— Lydia BOBEE

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